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D’autres moyens numériques pour la recherche documentaire

Les bases de données conçues spécialement pour la recherche bibliographique sont des ressources essentielles pour une recherche documentaire de niveau universitaire. Toutefois, même pour la confection d’une bibliographie, il arrive qu’elles ne suffisent pas. Certaines bases de données, par exemple, ne recensent que les articles; d’autres ne couvrent peut-être pas l’ensemble de la période, de l’aire géographique ou des thèmes retenus pour une recherche; enfin, ce ne sont pas toutes les institutions universitaires qui sont abonnées à toutes les bases de données bibliographiques majeures. Évidemment, on peut consulter les guides bibliographiques et autres instruments de recherche classiques. Mais il existe aussi d’autres solutions de rechange numériques qui permettent d’élargir les recherches bibliographiques.

Il importe d’abord de souligner l’existence d’une autre catégorie de bases de données qui donnent accès à des informations bibliographiques : les catalogues des grandes bibliothèques nationales disponibles en ligne. Ces catalogues ne sont pas des instruments bibliographiques proprement dits, car leur vocation première est de répertorier le contenu de leur collection particulière : le seul critère d’inclusion dans la base de données est donc la présence du titre dans la collection de la bibliothèque, sans présumer de sa qualité. Les catalogues sont néanmoins fort utiles pour la recherche bibliographique, car ils permettent d’effectuer des recherches dans les collections de livres les plus étendues du monde. Par ailleurs, il existe également des méta-catalogues de bibliothèques qui donnent un accès consolidé à un ensemble de catalogues de bibliothèques. Enfin, une autre technique complémentaire de recherche documentaire consiste en la consultation des bibliothèques numériques d’études savantes qui permettent une recherche plein-texte des livres et des articles qui s’y trouvent.


1) Les catalogues des grandes bibliothèques nationales

a) Introduction

Les grandes bibliothèques nationales possèdent souvent les collections les plus complètes de leurs territoires respectifs. Elles ont généralement la vocation expresse de conserver la totalité de la production littéraire et scientifique du territoire qu’elles desservent, souvent par voie du dépôt légal (qui oblige les éditeurs sous leur juridiction à leur verser un exemplaire de chaque livre qu’ils publient). À cette fonction essentielle s’ajoutent souvent deux autres :

  • D’abord, la plupart de ces grandes bibliothèques nationales ont aussi le mandat d’acquérir des livres édités à l’étranger, mais écrits par des membres de la collectivité ou traitant de la collectivité (par exemple, des livres par des Québécois ou sur le Québec mais publiés ailleurs).
  • Ensuite, certaines ont aussi comme mandat la constitution d’un dépôt d’information générale au service de la collectivité. C’est ainsi que les collections des plus grandes bibliothèques nationales, comme celles des États-Unis, de la France, ou même du Canada, dépassent largement le cadre de la production écrite nationale. Le résultat concret est que les grandes bibliothèques nationales possèdent des collections qui sont beaucoup plus complètes que la plupart des bibliothèques universitaires; ensemble, elles couvrent la plus grande partie de la production scientifique mondiale.

Les collections de ces grandes institutions ne sont pas facilement accessibles; néanmoins, leurs catalogues sont tous consultables en ligne. Ces catalogues constituent une ressource précieuse qui permet de compléter les données fournies par les outils bibliographiques proprement dits. À un stade plus avancé, l’exploitation de ces catalogues peut s’avérer d’une grande utilité dans la constitution du volet « livres » d’une bibliographie. Il importe cependant de faire certaines mises en garde quant à l’utilisation des catalogues des bibliothèques pour la recherche bibliographique, car elles ne sont jamais exhaustives et comportent plusieurs limites et biais. Pour cette raison, la recherche dans ces catalogues ne peut qu’être complémentaire à l’exploitation des instruments bibliographiques proprement dits.

Pour en savoir plus sur les limites des catalogues des bibliothèques

Les catalogues des bibliothèques, même ceux des grandes bibliothèques nationales, comportent plusieurs limites et biais qui minent leur utilité pour la recherche bibliographique :

  • même si les collections des grandes bibliothèques nationales sont collectivement très complètes, leurs catalogues ne répertorient généralement que les volumes (livres, titres de revues, etc.) plutôt que les articles ou chapitres qui composent ces volumes. Sont donc en grande partie absents les articles ou chapitres individuels dans les revues ou les ouvrages collectifs, qui représentent la plus grande partie de la production scientifique actuelle. Pour ce qui est des ouvrages collectifs, notamment les recueils d’articles, l’habitude commence à se prendre dans les catalogues des bibliothèques (universitaires comme nationales) de donner accès à la table des matières des livres répertoriés, ce qui permet de prendre connaissance des auteurs et des titres de chapitres ou articles individuels. Toutefois, cette pratique est relativement récente et est loin d’être systématique.
  • comme la vocation essentielle des catalogues de bibliothèques est de répertorier le contenu de leur collection particulière, aucun critère n’est appliqué pour l’inclusion d’un titre dans la base de données autre que sa présence physique dans la collection de la bibliothèque. Il n’y a donc aucune garantie de l’exhaustivité de ces catalogues : même les catalogues des plus grandes bibliothèques nationales comportent parfois des lacunes importantes. De plus, à la différence de la plupart des bases de données spécialisées en histoire, la présence d’un titre dans le catalogue d’une grande bibliothèque nationale ne garantit en rien sa qualité : on y trouve aussi bien des ouvrages de vulgarisation et même des publications à compte d’auteur (c’est-à-dire des textes commercialisés par l’auteur lui-même) que des études scientifiques publiées par des presses universitaires.
  • enfin, les capacités de recherche dans les catalogues des grandes bibliothèques nationales sont souvent plus limitées que celles des bases de données bibliographiques proprement dites. Par exemple, très peu permettent de limiter la recherche par période historique et aucun ne comprend systématiquement les résumés des livres recensés. Par contre, quand les catalogues donnent accès à la table des matières d’un volume, que cela soit un ouvrage collectif ou un livre rédigé par un auteur unique, cela permet au chercheur d’élargir sa connaissance du contenu de l’ouvrage et d’identifier les publications d’intérêt pour une recherche donnée.
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b) Principes de recherche

Les principes fondamentaux de la recherche dans les bases de données bibliographiques, présentés dans les autres sections de ce texte, s’appliquent naturellement à la consultation des catalogues en ligne. Par contre, chaque catalogue a des caractéristiques et des modalités de recherche qui lui sont propres; l’utilisateur devra les découvrir par lui-même, notamment en pratiquant des recherches multiples et en consultant les sections Aide ou FAQ. Il reste qu’entre ces deux niveaux, il y a des principes plus généraux qui s’appliquent à tous les catalogues sans pour autant caractériser les bases de données bibliographiques en général.

D’abord, lors de la recherche dans les catalogues de bibliothèques, il convient de bien distinguer la recherche par mot-clé de la recherche dite par index. La recherche par mot-clé dans un champ donné (Auteur, Titre, etc.) donne comme résultat toutes les notices dont le champ choisi contient le terme recherché. Ainsi, une recherche par mot-clé pour « Paris » dans le champ Titre produit tous les ouvrages où le mot Paris figure dans le titre. Par contre, la recherche dite par index (la nomenclature employée varie selon le catalogue) affiche comme résultat la liste alphabétique de l’index choisi (noms d’auteurs, titres, etc.), positionnée à l’endroit où s’insère le terme fourni comme critère de recherche. Habituellement, la liste commence avec le terme alphabétique qui précède immédiatement le terme recherché et on peut avancer ou reculer à volonté dans l’index. À noter que les index ignorent habituellement les articles initiaux (À, Le, Les, The, A, etc.). Ainsi, dans le catalogue Iris de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, une recherche par index pour « Paris » dans le champ Titre donne une liste de dix titres : il s’agit d’abord de l’ouvrage Parions une vie!, suivi de cinq ouvrages avec le titre À Paris et quatre avec le titre Paris. En avançant à la page suivante des résultats, on trouve dix autres ouvrages avec le titre Paris, et ainsi de suite. Pour la recherche bibliographique, la recherche par mot-clé est de loin la plus utile, bien que la recherche par index puisse s’avérer efficace dans le cas d’une recherche par auteur.

Par ailleurs, la rigueur dans la formulation de la recherche est également de mise. Prenons l’exemple de la vérification de la production scientifique des auteurs identifiés à l’aide des autres instruments bibliographiques. D’abord, une recherche par nom d’auteur n’est pas aussi simple qu’il peut paraître, car il faut choisir son terme de recherche avec précision. Outre les principes de troncature discutés ailleurs dans ce texte (une recherche pour « Duby, George » risque de ne rien donner, car son vrai prénom est « Georges »!) et les noms partagés par plusieurs homonymes, il faut être conscient des variations possibles dans la formulation des noms. Ces formulations varient souvent de catalogue en catalogue, et parfois à l’intérieur d’un même catalogue. Par exemple, l’historien anglais Edward Hallett Carr est plus généralement connu sous le nom E.H. Carr. Une recherche dans le catalogue Ariane de l’Université Laval pour « Carr E.H. » repère facilement ses livres, mais une recherche identique dans le catalogue de la Library of Congress (LC) est infructueuse : dans ce dernier, en effet, c’est son nom au complet qui doit être utilisé. En contrepartie, une recherche pour « Thompson E.P. » (la forme la plus commune du nom de l’historien anglais Edward Palmer Thompson) dans le catalogue de la LC est fructueuse, mais ne produit aucun résultat dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France; dans cette dernière, les livres de cet auteur se trouvent à la fois sous « Thompson, Edward Palmer » et « Thompson, Edward Palmer (1924-1993) ». De la même façon, dans Ariane comme dans le catalogue de la LC, les notices concernant l’historien québécois Jean-Claude Robert sont divisées entre « Robert, Jean Claude » et « Robert, Jean-Claude »; dans l’index alphabétique des noms d’auteurs, ces noms sont séparés par quelques dizaines de lignes.

Ces variations de noms mises à part, il importe également d’être conscient du fait qu’une recherche par nom d’auteur dans la plupart des catalogues trouvera non seulement les livres écrits par cet auteur, mais aussi ceux auxquels il ou elle a contribué autrement : par exemple, comme directeur (en anglais, editor) dans le cas d’un ouvrage collectif, comme préfacier, etc. Il faut également garder à l’esprit que les catalogues de bibliothèques comprennent aussi des fiches individuelles pour les rééditions, les traductions, les imprimés qui ne sont pas des livres et, de plus en plus souvent, des publications non imprimées. Tout cela signifie que la quantité brute de notices trouvées n’est pas une indication fiable de la production scientifique d’un auteur. Par exemple, une recherche dans le catalogue de la bibliothèque de l’Université Laval pour l’auteur « Duby, Georges » produit 102 notices; cela n’implique pas pour autant que Georges Duby ait écrit 102 livres, car parmi ces 102 notices on compte en fait une vingtaine de livres différents écrits entièrement ou en bonne partie par Duby. Pour « Le Roy Ladurie, Emmanuel », c’est une dizaine de livres parmi 72 notices; dans le catalogue de la BnF, ce dernier compte plus de trois cents notices, dont seulement une vingtaine de livres de sa plume. Ce sont tout de même des productions scientifiques extraordinaires, mais pas au rythme de deux, trois ou quatre livres par an! Un examen attentif de chaque notice bibliographique s’avère donc nécessaire.

Pour en savoir plus sur quelques catalogues de grandes bibliothèques nationales

Quelques exemples de catalogues importants de grandes bibliothèques nationales :

Bibliothèque et Archives nationales du Québec : Iris
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), dont la composante bibliothèque se situe à Montréal, est le dépôt légal pour tous les éditeurs québécois. À ce rôle fondamental s’ajoute une double vocation : faire l’acquisition rétrospective du patrimoine documentaire québécois et acquérir les documents publiés à l’extérieur du Québec lorsqu’ils concernent le Québec ou sont rédigés par un Québécois. Cette institution n’a pas, par contre, le mandat de développer une collection plus générale; son apport se limite donc surtout à des sujets en histoire du Québec. Le catalogue informatisé de BaNQ, Iris, comprend des notices bibliographiques pour l’ensemble de sa collection.

Bibliothèque et Archives Canada : AMICUS
Bibliothèque et Archives Canada (BAC), située à Ottawa, est le dépôt légal pour tous les éditeurs canadiens, y compris ceux du Québec. Comme BaNQ, elle a aussi le mandat d’acquérir des exemplaires de chaque publication publiée au Canada, ou concernant le Canada. BAC est notamment l’endroit où sont déposés tous les mémoires et thèses produits au Canada. BAC a aussi une collection générale qui dépasse le Canada, mais le développement de celle-ci n’est pas une priorité. L’apport du catalogue de BAC est donc important surtout pour l’histoire du Canada et du Québec. Le catalogue informatisé de BAC, disponible par l’interface AMICUS, comprend plusieurs millions de notices bibliographiques, y compris l’ensemble de ses collections d’imprimés, des origines à nos jours.

Bibliothèque nationale de France : BN-OPALE Plus
La Bibliothèque nationale de France (BnF), située à Paris, est le dépôt légal pour tous les livres publiés en France et fait en outre l’acquisition d’un grand nombre d’autres livres, surtout en français mais aussi dans d’autres langues. Quoique la nouvelle mission de la BnF, telle qu’annoncée en 1988, soit de « couvrir tous les champs de la connaissance », elle est surtout riche en histoire de France et en histoire européenne – par exemple, elle est faible en histoire du Québec. Elle complète donc bien la Library of Congress pour l’histoire européenne. Le catalogue informatisé de la BnF, BN-OPALE Plus, comprend la quasi-totalité des documents imprimés présents à la BnF.

Bibliothèque du Congrès : Library of Congress Online Catalog
La Bibliothèque du Congrès, ou Library of Congress (LC), située à Washington, est la plus grande bibliothèque du monde. Sa mission va bien au-delà de l’acquisition de livres ayant un rapport avec les États-Unis, car son mandat s’étend à la constitution d’une « collection universelle de la connaissance humaine »; la LC affirme être la seule institution du monde ayant cette vocation universelle et, de fait, environ la moitié de ses livres sont dans des langues autres que l’anglais. Les collections de la LC ne sont toutefois pas entièrement exhaustives et l’exploitation de son catalogue doit être complétée par des recherches dans les catalogues d’autres bibliothèques nationales, selon les sujets.

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2) Les méta-catalogues nationaux et internationaux

a) Introduction

Les méta-catalogues permettent d’interroger simultanément de multiples catalogues de bibliothèques à partir d’une même interface de recherche. Il existe des outils informatiques spécialisés qui permettent d’effectuer une opération semblable : par exemple, des logiciels comme EndNote. Toutefois, il s’agit de solutions payantes qui nécessitent pour la plupart l’installation de logiciels, tandis que les méta-catalogues ne requièrent qu’un navigateur Web.

L’avantage de telles ressources est évident, car elles permettent d’élargir considérablement la portée de la recherche documentaire. De plus, les méta-catalogues nationaux sont le plus souvent l’oeuvre d’associations professionnelles de bibliothécaires et regroupent généralement les catalogues des bibliothèques (universitaires et autres) les plus importantes du pays, y compris celui de la bibliothèque nationale correspondante. Il est peu probable qu’une étude ou un auteur quelconques, liés de près ou de loin à l’espace national concerné, échappent à ces ensembles de catalogues.


b) Principes de recherche

Les principes de recherche dans les méta-catalogues sont essentiellement les mêmes que pour les catalogues des grandes bibliothèques nationales. Toutefois, quelques mises en garde s’imposent quant à l’utilisation des méta-catalogues :

  • les méta-catalogues étant composés des catalogues informatisés individuels des bibliothèques participantes, ils souffrent des mêmes limites que ces catalogues; voir à cet égard la discussion des catalogues des grandes bibliothèques nationales ci-dessus. Par ailleurs, rien ne garantit que l’ensemble des collections des bibliothèques participantes soit inclus dans leur intégralité dans le méta-catalogue; cela dépend entre autres de la nature du transfert initial des informations, de la fréquence des mises à jour du méta-catalogue, etc.;
  • les modalités de recherche dans les méta-catalogues sont parfois plus limitées que celles des catalogues des bibliothèques qui les composent, et les résultats moins détaillés;
  • la fusion du contenu des catalogues de plusieurs bibliothèques différentes entraîne évidemment la multiplication des notices bibliographiques portant sur un ouvrage donné, ce qui vient alourdir la tâche du chercheur : bien que la plupart des méta-catalogues tentent d’éliminer les notices redondantes de la liste des résultats, cette opération n’est jamais parfaitement réussie, laissant souvent deux, trois ou même dix notices distinctes pour le même ouvrage. Par conséquent, les résultats d’une requête sont parfois tellement nombreux qu’ils en deviennent pratiquement inutilisables;
  • la recherche dans plusieurs méta-catalogues est beaucoup plus lente que dans les catalogues des institutions individuelles, ce qui peut être frustrant pour l’utilisateur.

Pour toutes ces raisons, il est parfois plus efficace de consulter d’abord les catalogues des grandes bibliothèques nationales, puis d’utiliser les méta-catalogues dans un second temps. Mais il ne s’agit pas d’une règle absolue et à l’usage, chacun développera des préférences personnelles.

Pour en savoir plus sur quelques méta-catalogues importants

Quelques exemples de méta-catalogues importants :

Québec : Catalogue des bibliothèques du Québec
Le Catalogue des bibliothèques du Québec, produit par BAnQ, permet une recherche à travers les catalogues de la plupart des bibliothèques universitaires, collégiales, gouvernementales et publiques du Québec, de même que le catalogue de BAnQ lui-même.

Canada : AMICUS
AMICUS est non seulement l’interface du catalogue de BAC, mais sert en même temps de méta-catalogue du Canada, avec des dizaines de millions de notices provenant de plus de 1 300 bibliothèques canadiennes, dont BAC, BAnQ et la plupart des bibliothèques universitaires.

France : Catalogue collectif de France (CCFr)
Le Catalogue collectif de France (CCFr), produit par le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Éducation nationale, regroupe les notices du catalogue de la BnF, de Sudoc (Système universitaire de documentation), qui est le catalogue des bibliothèques de l’enseignement supérieur, et des fonds d’une soixantaine de bibliothèques municipales et spécialisées. Voir à cet égard BORDA, Xavier et alii. « Le catalogue collectif de France, pour quoi faire ?», dans : Bulletin des bibliothèques de France,(2011)-2 : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-02-0071-001.

Royaume-Uni : Copac
Le méta-catalogue du Royaume-Uni, COPAC, est alimenté par les catalogues de près d’une centaine de bibliothèques parmi les plus importantes du Royaume-Uni, y compris la British Library, les bibliothèques des universités d’Oxford, Cambridge et Édimbourg, etc. Le contenu est particulièrement riche en histoire britannique, américaine et européenne mais couvre néanmoins l’ensemble de l’histoire humaine.

Europe : La bibliothèque européenne
La bibliothèque européenne (European Library) est le méta-catalogue des bibliothèques nationales européennes. Ce méta-catalogue donne un accès consolidé aux catalogues d’une cinquantaine de bibliothèques nationales et de bibliothèques de recherche de pays européens.

Monde : WorldCat
Le méta-catalogue WorldCat, offert par OCLC (Online Computer Library Center, un organisme à but non lucratif créé par des bibliothécaires), donne accès à des notices bibliographiques (principalement des livres et des articles) tirées de plus de 70 000 bibliothèques à travers le monde, y compris bon nombre de bibliothèques universitaires et nationales.

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3) Les bibliothèques numériques d’études savantes (livres et articles)

Au-delà de la recherche dans les catalogues et les méta-catalogues, un autre moyen souvent utile d’alimenter une recherche documentaire consiste à consulter les bibliothèques numériques d’études savantes qui permettent une recherche plein-texte à travers leur contenu. Il ne s’agit pas de faire une recherche pour les articles ou livres qui sont stockés dans ces collections à partir de leurs titres ou leurs résumés; généralement, ils sont déjà recensés dans les instruments bibliographiques existants. L’objectif est plutôt d’effectuer une recherche dans l’ensemble du texte de ces articles et livres. Une telle stratégie peut être fructueuse à plusieurs égards. D’abord, elle permet bien entendu de repérer des études qui n’auraient pas été identifiées autrement : par exemple, un livre dont le titre et la description ne semblent pas liés au sujet qui nous intéresse, mais qui contient néanmoins une section entière qui en discute. Cela peut arriver plus fréquemment qu’on serait porté à le croire.

Mais au-delà de ce type de recherche assez évident, les bibliothèques numériques d’études savantes peuvent rendre d’autres services. Notamment, les études savantes comprennent presque toujours un appareil de référence (des notes, une bibliographie ou les deux). Une recherche dans ces collections peut donc être l’équivalent de la consultation des notes et des bibliographies des études spécialisées, moyen par excellence d’étendre la portée de ses recherches bibliographiques. Accessoirement, la recherche plein-texte dans les revues scientifiques permet également de repérer les livres dont on a résumé le contenu dans les comptes rendus.

Dans le cas de la recherche plein-texte dans les bibliothèques numériques d’études savantes, compte tenu de l’énorme masse documentaire indexée, il est préférable de s’en tenir à des stratégies de recherche très ciblées : par exemple, un événement ou un personnage très spécifique, ou un auteur, spécialiste de la question qui nous intéresse, dont on aimerait vérifier l’ensemble de la production scientifique. Une recherche pour « Conquête », par contre, ou même pour « Fernand Braudel », risque de donner beaucoup trop de résultats pour être utile …

Par ailleurs, à l’exception de Google Recherche de livres (angl. GoogleBooks), les collections dont le contenu est d’une bonne qualité scientifique et d’une ampleur suffisante pour mériter qu’on s’y attarde sont presque toutes payantes. Comme la plupart des bases de données bibliographiques, elles ne sont donc accessibles qu’aux membres des institutions abonnées.

Pour en savoir plus sur quelques bibliothèques numériques d’études savantes

Deux exemples de bibliothèques numériques importantes d’études savantes, avec une forte présence d’études historiennes, qui permettent la recherche plein-texte :

JSTOR
Il s’agit de la plus grande collection de revues scientifiques disponibles avec recherche plein-texte, parmi lesquelles on trouve un nombre important de revues d’histoire (mais surtout de langue anglaise). L’interface n’est disponible qu’en anglais; la recherche avancée est essentielle pour bien contrôler les résultats. Entre autres, il est utile de limiter ses recherches selon la ou les disciplines concernées (sans forcément s’en tenir à « History » …). Pour une discussion d’ensemble de JSTOR, outre le site même, voir Kevin M. GUTHRIE, « JSTOR Offering Access to an Archive of Scholarly Journal Literature », dans Digital Library Development : The View from Kanazawa (dir. Deanna B. MARCUM et alii), Westport (CN) 2006, p. 149-156.

Google Recherche de livres (GoogleBooks)
Bien qu’il s’agisse d’une initiative controversée d’une entreprise commerciale, contestée par quantité d’éditeurs, Google Recherche de livres (GoogleBooks) fournit tout de même un accès inégalé au contenu plein-texte d’un nombre considérable de livres scientifiques, y compris des livres récents d’intérêt pour les historiens. Cette ressource a également l’avantage d’être entièrement gratuite. En effectuant une recherche plein-texte dans Google Recherche de livres (avec l’option de recherche avancée), il est sage de sélectionner l’option « Aperçu limité et affichage du livre entier », puisque cela limite les résultats aux livres dont la consultation des pages est possible. Il faut tout de même garder à l’esprit que pour la plupart des livres, et notamment les livres récents, encore protégés par le droit d’auteur ou pour lesquels l’éditeur n’a pas concédé un droit de reproduction intégrale, seul un nombre restreint et variable de pages peut être affiché.

D’autres collections semblables peuvent également être utiles pour les historiens : par exemple, ÉruditPersée ou ProQuest pour les articles, ou Ebrary ou Oxford Scholarship Online pour les livres. Plusieurs éditeurs de revues donnent également accès à l’ensemble de leurs revues à partir d’une interface unique, comme Oxford ou Cambridge. À condition, bien sûr, que votre institution y soit abonnée …

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